samedi 19 août 2017

Vals-les-Bains


Vals-les-Bains j'y suis retourné cette année. Pour son aspect un peu décati qui fait tout son charme. Sans doute-a-t-elle été jadis plus flamboyante, du temps où la sécu moins regardante sur son trou remboursait volontiers des cures thermales aux vertus invérifiées. Mais, un soir d'été, il fait encore bon traverser son parc, admirer la succession de ponts et le lit de la Volane habilement éclairés. On y trouvera encore un casino, des kiosques à musique, des manèges de chevaux de bois, un tournoi international de longue. On se restaurera honorablement dans l'un des nombreux restaurants de la ville, puis on terminera par une glace chez "Béatrix", l'institution incontournable. Par compte on ne pourra pas comme autrefois remplir une bouteille de la fameuse eau à bulles. Pour une raison que j'ignore, la municipalité a coupé les robinets, même la source des pauvres s'est transformée en cendrier.
Quelques photos :


                                     Elle a le pied poli par les caresses des passants.

                                    La glace se déguste à l'arrière sous les platanes.

vendredi 18 août 2017

Contrôle technique




- Monsieur le policier je voulais vous faire part de mon inquiétude.
- Je vous écoute Madame.
- Voilà : c'est au sujet de ma voiture. Elle a depuis quelques temps un comportement anormal. L'autre jour en passant devant la synagogue de mon quartier elle s'est mise à trembler, à mugir. J'ai peur.
- Vous voulez bien me montrer son contrôle technique ?
- Ah mais non Monsieur vous vous méprenez ! A part le miroir de courtoisie fêlé elle est en parfait état. Non. J'ai peur qu'elle devienne folle, qu'elle ne commette un jour l'irréparable. Pourtant j'en prend soin vous savez, même s'il est vrai qu'elle n'a pas son garage à elle.
- Elle dort dehors ?
- Oui. A côté de la mosquée. J'y trouve toujours une place, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Gratuite en plus.
- Je vois...
Il tira un tiroir et en sortit un carton grand comme une carte de visite et le tendit à la dame.
- C'est quoi ?
- L'adresse du plus grand centre de déradicalisation d’île de France de voitures comme la vôtre, une casse automobile sur la nationale 20. Nous y traitons les cas désespérés. Rendez-y-vous sans plus tarder. Et prenez soin d'éviter les quartiers trop animés.

samedi 5 août 2017

Rue du bourreau




Ben quoi ?
Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas si longtemps, en notre nom, il rendait bien des services. Il a donc bien mérité de donner le sien à une rue.
La commune reconnaissante en quelque sorte.

mercredi 2 août 2017

Mémoires de S. suite




Non je n'ai pas renoncé à la viande non...
Mais ici, par ces chaleurs infernales, tandis que souffle un sirocco barbare, l'idée d'une côte de porc ou d'un steak me coupe par avance l'appétit. Alors, chose assez rare en ce qui me concerne, moi le carnassier sans vergogne, l'invétéré viandard, je me confectionne des salades : tomates, concombre, brins de fenouil, échalotes, œufs durs, olives noires, thon du petit bateau et, luxe suprême, des anchois ; ces anchois qui sont le sel indispensable à toute bonne salade. Jamais au grand jamais je n'y ajoute  cette graine jaunâtre que l'on nomme maïs, cette cochonnerie douceâtre et écoeurante dont je ne comprends pas pourquoi on ne l'a pas définitivement cantonnée à sa seule utilité reconnue : nourrir les volailles et les cochons.
Grâce à ce changement radical de régime je pense être en mesure d'affronter cette funeste canicule sans trop dépérir, d'autant que j'ai toujours par-devers moi, au frais, une cuvée du Pradel qui, aux heures les plus chaudes, m'envoie dans les bras de Morphée dans l'attente de l'heure exquise.

Le Recours de la Méthode



Alors que le dictateur et sa garde rapprochée ont trouvé refuge dans une grotte, qu'ils descendent quelques gobelets de rhum tandis que dehors gronde une tempête phénoménale, voici qu'un caillou jeté dans l'obscurité du refuge vient briser une jarre de terre cuite d'où apparaît une momie probablement Inca. Ce passage n'est pas sans rappeler une scène du Temple du Soleil, et est peut-être un clin d'œil à Hergé. Il faudrait vérifier la chronologie de sortie des deux ouvrages.
Reste que chaque page de ce roman d'Alejo Carpentier que je viens de commencer est parsemée d'un humour fin et érudit.
Voici le passage où il est décidé du devenir de ces momies :

Retrouvant l'extraordinaire sérénité qui succédait d'habitude à ces beuveries, le premier magistrat chargea son secrétaire de rédiger un rapport adressé à l'Académie des sciences du pays, au sujet de la découverte des momies ; on devait y relever l'orientation de la caverne, la position de l'entrée par rapport au soleil levant, l'emplacement exact des jarres, etc., comme le faisaient les modernes archéologues. De plus, on ferait don de la momie principale, celle du centre, au musée du Trocadéro de Paris, où elle serait mise en valeur dans une vitrine, sur un socle de bois, avec une plaque de cuivre : Civilisation précolombienne. Culture de Rio Verde, etc., etc. Quant à son antiquité, c'est l'affaire des experts de là-bas, plus prudents en ce domaine que les nôtres, trop enclins à vouloir démontrer, chaque fois qu'ils trouvaient l'anse d'une cruche archaïque, ou une amulette d'argile, qu'elles avaient été fabriquées selon une technique antérieure aux plus vieilles techniques d'Égypte ou de Sumer... Mais, de toute façon, plus la date gravée sur la plaque serait reculée, et plus de prestige en retirerait  le pays ; celui-ci posséderait ainsi des vestiges comparables, quant à l'antiquité, à ceux trouvés au Mexique ou au Pérou, dont les pyramides, temples et nécropoles constituaient comme les armoiries de nos civilisations. Et l'on démontrerait que nous n'avions rien d'un monde nouveau ou d'un Nouveau Monde puisque nos empereurs se paraient de splendides couronnes d'or, de pierreries et de plumes de Quetzal, à une époque où les ancêtres supposés du colonel Hoffmann erraient dans des forêts noires, vêtus de peau d'ours, des cornes de bœuf sur la tête, et où les Français, alors que la Porte du Soleil de Tiahuanaco comptait plusieurs siècles, n'avaient guère fait autre chose que de dresser des menhirs -pierres mal dégrossies dressées sans art ni grâce- sur les côtes de Bretagne.


lundi 31 juillet 2017

Petit à petit, la dictature



Étranges libéraux que la bande à Macron qui semble avoir oublié que dans ''libéral'' il y a le mot liberté. Que font-ils à peine arrivés au pouvoir ? Ils restreignent encore un peu plus la liberté d'expression  pourtant déjà réduite à peau de chagrin. À quoi peut bien servir de changer les têtes, de rajeunir les assemblées, si c'est pour entendre encore et toujours les mêmes conneries ? Quand donc serons-nous débarrassés de cette clique moralisante ? Ils prétendaient représenter le renouveau, une autre façon de faire de la politique et tombent dans les mêmes travers que leurs prédécesseurs socialistes.
Tout ça pour ça...

- Les députés LREM ont adopté un amendement au projet de loi de moralisation prévoyant une « peine d’inéligibilité » en cas de manquement à la probité. Celle-ci impliquerait « les faits de discrimination, injure ou diffamation publique, provocation à la haine raciale, sexiste ou à raison de l’orientation sexuelle », précise l’amendement.
Mathieu BOCK-CÔTÉ. - Vous me permettrez d’être franc : j’en suis effaré. Évidemment, tout le monde s’entend pour condamner le racisme, le sexisme ou l’homophobie. J’ajouterais que nos sociétés libérales sont particulièrement tolérantes et ont beaucoup moins de choses à se reprocher qu’on veut bien le dire. Mais le problème apparaît rapidement : c’est celui de la définition. À quoi se réfèrent ces concepts ? Nous sommes devant une tentative d’exclure non seulement du champ de la légitimité politique, mais même de la simple légalité, des discours et des idées entrant en contradiction avec l’idéologie dominante. Il faut inscrire cet amendement dans le contexte d’une offensive plus large pour comprendre sa signification. Prenons l’exemple du racisme. Depuis quelques années, on a amalgamé le racisme et la défense de la nation. Pour la gauche diversitaire et ceux qui se soumettent à ses prescriptions idéologiques, un patriotisme historique et enraciné n’était rien d’autre qu’une forme de racisme maquillé et sophistiqué. Ceux qui voulaient contenir l’immigration massive étaient accusés de racisme. Ceux qui affirmaient qu’il y avait un lien entre l’immigration et l’insécurité étaient aussi accusés de racisme. De même pour ceux qui confessaient l’angoisse d’une dissolution de la patrie. Cette assimilation du souci de l’identité nationale à une forme de racisme est une des tendances lourdes de l’histoire idéologique des dernières décennies. On l’aura compris, on accuse de racisme ceux qui ne se plient pas à l’idéologie diversitaire. Quel sort sera réservé demain à ceux qui avouent, de manière articulée ou maladroite, de telles inquiétudes ? Prenons l’exemple du débat sur le mariage pour tous. Pour une partie importante des partisans du mariage homosexuel, ceux qui s’y opposaient, fondamentalement, étaient homophobes. Ils n’imaginaient pas d’autres motifs à leur engagement. Comme toujours, chez les progressistes, il y a les intolérants et les vertueux. Pour eux, deux philosophies ne s’affrontaient pas : il y avait d’un côté l’ombre et de l’autre la lumière. Doit-on comprendre que dans l’esprit de nos nouveaux croisés de la vertu idéologique, ceux qui ont défilé avec la Manif pour tous devraient être frappés d’inéligibilité ?
Source Le Figaro de ce jour.

dimanche 30 juillet 2017

Mémoires de S.


                J'avais le plus bel amandier du quartier, j'avais plus bel amandier du quartier...

Un instant j'ai cru que Météo France s'était trompé, que nous aussi nous allions la recevoir l'ondée rafraîchissante. Mais non. Les nuages noirs chargés d'orages sont allés crever au-delà du Coiron, sur les plateaux de la Haute-Loire qui n'en ont pas besoin. Ils m'ont rejoué le mauvais tour fait au Bossu de Pagnol. Et les températures montent, montent. Le ruisseau qui jadis murmurait tous les étés à l'ombre des figuiers est désespérément sec. Nous ne sommes que le 30 juillet et, si la végétation est ici essentiellement composée de chênes rabougris, de chênes verts, si les seuls résineux que nous ayons sont quelques bouquets de cades clairsemés, on devine qu'il s'en faudrait de pas grand-chose pour qu'ici aussi les collines s'embrasent.
Plus encore : il me devient pénible de constater à chaque nouveau passage les dégâts provoqués par des évènements climatiques de plus en plus violents : ici ce sont des berges arrachées et des tonnes de cailloux emportées dans le lit du ruisseau ; là c'est une grosse branche d'un peuplier bi-centenaire brisée, jetée à terre ; plus loin c'est une lourde passerelle de métal, posée sur les deux rives au 19e siècle, emportée comme une planche de bois. Ces crues que l'on disait autrefois décennales, se produisent désormais une à deux fois par an voire plus. On les attendait assez naturellement à l'automne (épisodes cévenols), elles s'invitent depuis peu aussi au printemps et leur rage a été démultipliée.
Si, comme nous le prédisent les climatologues, ces événements devaient devenir la norme, alors cette région que j'aime tant prendrait des aspects inhospitaliers inconnus jusqu'alors.
Prions pour qu'ils se trompent.

samedi 29 juillet 2017

Retour aux sources



Le partage des eaux, d'Alejo Carpentier, aurait pu tout aussi bien s'appeler retour aux sources. Retour aux sources de la vie d'avant la création, retour au paradis perdu où l'or et le temps n'avaient aucune valeur. Paradis grandiose que l'on atteint non sans risques et que bien sûr on ne voudra plus jamais quitter, paradis dont les portes sont si étroites qu'il serait absurde et regrettable d'en perdre les clefs.

Nous sommes dans le monde de la Genèse, à la fin du quatrième jour de la création. Si nous reculons un peu plus, nous parviendrions à l'époque où a commencé la terrible solitude du du Créateur, la tristesse sidéral des temps sans encens et sans louange, lorsque la terre était vide et en désordre et que les ténèbres recouvrait la face de l'Abîme. [...]
Je vais me soustraire au destin de Sisyphe que le monde d'où je viens m'a imposé ; fuir les professions creuses, la course de l'écureuil dans son tambour, le temps mesuré, les métiers obscurs. Les lundi cesseront d'être pour moi des lundi des Cendres ; il n'y aura même pas lieu de se rappeler que le lundi est lundi, et la pierre que je portais passera à celui qui voudra se charger de son poids inutile.

Il avait raison mon ex député-maire que je croisais il y a peu dans ma librairie de quartier, qui me conseilla vivement la lecture de ce livre : il est encore plus lumineux que le Siècle des Lumières. Me reste pour la fin de mon séjour le Recours de la Méthode et je crois que j'aurais alors un bel aperçu de l'oeuvre d'Alejo Carpentier.

lundi 24 juillet 2017

Vacances



Il est trop tôt pour faire un compte rendu du livre qui repose sur cette méridienne mais déjà je peux dire que le passage où le narrateur décrit la 9e symphonie de Beethoven qu'il entend sur un vieux poste, dans une sorte de gîte d'étape non répertorié par le guide Relais et Châteaux, alors qu'il vient de traverser la Cordillère des Andes et que la nuit tombe sur ce coin de nulle part, est d'une beauté tragique qui à elle seule mériterait la lecture du Partage des Eaux d'Alejo Carpentier.
Mais qui donc est cet homme qui me conseilla la lecture de ces ouvrages que j'ai emportés dans mes bagages de vacances et qui prétendait ne pas aimer les récits de voyage ? Car c'est tout de même aussi un peu cela que ce livre.